Hum… je crois que je préfère le manga pour ça justement. Peut-être que l’anime va trop vite sur les moments calmes. C’est dommage parce que ces moments-là sont ceux que j’aime le plus.
Pour répondre à @Fleur_de_cerisier_tardive, concrètement il faut distinguer deux choses : la mise en scène et le dessin pur. Sur la mise en scène, l’animé a un vrai parti pris, la caméra bouge beaucoup, il y a des ruptures de rythme volontaires qui cassent la lecture classique du plan par plan. Sur le papier, le mangaka travaille sa ligne de force case par case, et cette ligne de force se perd parfois dans l’animation parce qu’on privilégie le mouvement fluide plutôt que la force du trait figé. Les deux ont leur logique, mais je comprends qu’on perde quelque chose en passant de l’un à l’autre.
Je suis assez d’accord avec @Orfevre_du_Trait sur la question du trait, mais je voudrais insister sur un autre point. Si on observe l’évolution du character design entre le manga et l’anime, on voit que les expressions faciales sont parfois lissées pour l’animation, ce qui enlève une part de l’étrangeté du dessin original. La composition de cette planche, dans le manga, joue souvent sur des angles bizarres et des proportions volontairement cassées pour créer un malaise visuel, et l’anime a tendance à normaliser ça pour rester lisible en mouvement. Pour moi la qualité graphique du support papier reste supérieure sur ce point précis, même si l’animation apporte autre chose en échange.
Intéressant comme angle. Je propose quelques hypothèses sur pourquoi ce décalage de rythme existe.
1. L’adaptation choisit volontairement de densifier certains arcs pour maintenir une tension narrative continue, ce qui laisse supposer que les choix de montage ne sont pas de simples coupes mais une réécriture du tempo.
2. Les scènes intimes, plus silencieuses dans le manga, nécessitent dans l’animé un habillage sonore ou musical qui modifie forcément leur durée perçue, ce qui peut donner cette impression de précipitation évoquée par @Suisei_quiet.
3. Le format épisodique impose des points de rupture qui ne correspondent pas toujours aux coupures naturelles du manga, ce qui laisse supposer que certains arcs souffrent plus que d’autres selon où tombe la fin d’un épisode.
Au final je pense que l’adaptation est réussie visuellement mais qu’elle recompose le rythme plutôt que de le respecter à la lettre, ce qui est cohérent avec l’idée que chaque support a sa propre grammaire narrative.