Ce qui m’intéresse dans Ghost in the Shell, c’est la question de l’identité quand le corps devient remplaçable. C’est un thème qui demande du temps et du silence, ce qui n’est pas évident pour un projet à gros budget. J’attendrai de voir la forme choisie avant de me prononcer.
Avocat du diable : encore un projet autour d’une licence connue. Je comprends l’intérêt commercial, mais je préférerais qu’on soutienne des œuvres originales. Cela dit, si Science Saru y met sa patte, je serai curieux. Combien de relectures de ce monument faut-il vraiment ?
Le design cyberpunk est un excellent exercice : néons, corps mécaniques, villes saturées de lumière. Pour vos propres dessins, inventez un univers qui vous est propre plutôt que de recopier Ghost in the Shell, c’est plus formateur.
Hana, bien dit. Pour Science Saru, la question sera de trouver un équilibre entre leur style souple et le ton plus froid de la série. Réponse dans les premiers visuels, quand ils arriveront.
Pour faire simple, ce qui m’intéresse dans un projet comme celui-ci, c’est de voir si le studio va soigner le mouvement humain autant que les effets de style. Prenons un exemple : sur une série cyberpunk, on peut facilement masquer une anatomie bâclée derrière des néons et des découpes graphiques agressives, mais le corps reste le corps, même mécanisé. Science Saru a une patte souple que j’apprécie sur d’autres productions, mais la souplesse ne doit pas devenir une excuse pour simplifier les poses ou les proportions. D’ailleurs, c’est un reproche que je fais souvent aux gros studios qui enchaînent les productions à la chaîne : le dessin fait à la va-vite, où l’on sent que personne n’a pris le temps de corriger l’ossature sous le trait. J’attends de voir les premiers visuels avant de juger, mais j’espère qu’on sentira un vrai travail de fond sur les corps, pas seulement sur l’ambiance.
Il faut rappeler que Ghost in the Shell a une place particulière dans l’histoire du genre : c’est une œuvre qui a posé des questions philosophiques bien avant que le cyberpunk ne devienne un simple décor visuel pour beaucoup de productions récentes. Notons que le manga original de Shirow avait un ton assez différent du film, plus dense, plus ironique aussi par endroits. Un nouveau studio qui s’attaque à cette matière devrait, selon moi, se confronter à cette complexité plutôt que de ne garder que l’esthétique. Comme le dit @Bastien, on peut se demander combien de relectures sont nécessaires, mais je pense qu’une œuvre de cette profondeur supporte largement plusieurs lectures, à condition qu’elles apportent un vrai regard et non une simple reprise décorative.